hillesumLA VIE MAJUSCULE.

Cecilia Dutter : Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

… «  en flânant dans une librairie, je suis tombée sur le journal d’Etty Hillesum. Je n’avais jamais entendu parler d’elle ni de ses écrits mais je l’ai acheté comme j’achète la plupart de mes livres, sur une impulsion. Dès les premières lignes, j’ai eu un choc. Cette femme indépendante, passionnée, paradoxale, à la fois dotée d’une grande sensualité et irrésistiblement attirée par le Ciel, m’a bouleversée. ….J’ai souhaité réconcilier la femme et la mystique. En l’ancrant dans la réalité, avec ses convictions, sans taire ses contradictions, j’ai tenté de mettre en lumière la grande modernité de cette personnalité complexe. A mon sens, la parole d’Etty Hillesum est d’autant plus belle qu’elle émane d’une femme qui nous ressemble. »

Etty Hillesum, née en 1914 aux Pays-Bas, décède le 30 novembre 1943 au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne. Elle a tenu un journal intime (1941-1942) et écrit des lettres (1942-1943) depuis le camp de transit de Westerbork.

Dans un style condensé, riche et irrigué d’absolu, cet essai, aux contours mystiques, mérite que l’on en parle car il peut aider à vivre, comme le peut un bon livre.

Il ressort, entre autres, des journaux d’Etty Hillesum, morte à 29 ans, que « si le dedans est fort, le dehors devient accessoire ». On l’accompagne, ébahie et admirative, dans son cheminement spirituel, d’une durée de trois ans à peine alors qu’il faut souvent toute une longue vie pour se détacher des tiraillements et de peurs du lendemain qui empoisonnent le quotidien. A l’époque où les nazis sévissent et où « l’absurdité fait loi », elle a rendu possible l’impossible grâce à son armure intérieure : mourir en paix.

Edifiant.

dutter

Hier, Cécilia Dutter était à Angers où j’ai eu la chance d’écouter sa conférence qui m’a fait décoller d’un mètre du sol.