fivesUn coup de poing.

« Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ? »

Carole Fives, mère célibataire d’Odilon, à qui elle dédie son livre, plie et déplie le quotidien froissé d’une femme seule, démunie face à l’adversité. La narratrice ressent un besoin vital de fuir et de s’octroyer une distance avec son petit qui l’emprisonne et la prive d’une simple vie de femme normale. Quand l’enfant est endormi, elle s’évade dans les rues, les cafés ou sous les ponts tagués de Lyon, met une alarme sur son téléphone et espère « tenir jusqu’à l’aube », tout en culpabilisant car elle aime son enfant.

Dans une langue bien frappée, sans état d’âme, à la frontière du documentaire sur notre époque et du témoignage intime, ce roman met à jour les fonctionnements de notre société. L’individualisme grimpant annonce un sombre avenir : la fin du roman en est l’illustration parfaite.

Un roc de justesse pour ce flot de détresse.