l embaumeur

Dentelle macabre.

« Condamné à la guillotine, Victor Renard, devenu embaumeur pour échapper à une condition misérable, dévoile les zones d'ombres de sa vie, de son enfance marquée par une mère peu aimante au commerce d'organes en passant par ses déboires avec les femmes. »

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. L’embaumeur est le roman que je classe 1er dans le top five** de mes lectures estivales, même si j’en ressors toute chamboulée*.

Isabelle Duquesnoy a mis 10 ans pour boucler son histoire très documentée sur la question des défunts au 18è siècle mais aussi sur les us et coutumes de l’époque. Elle nous fait entendre la plaidoirie du « pauvre » condamné, thanatopracteur devenu riche par la force du destin car, 

« Tant que personne n’aura trouvé le secret de l’éternité, ton défilé de charognes n’est pas prêt d’arrêter. » lui assène son épouse.

Assassin depuis sa naissance puisqu’il a tué son frère jumeau avec son cordon ombilical, haï et rudoyé (les mots sont faibles) par ses parents, entraîné dans des coups fumeux de toute part car naïf, malheureux en amour, Victor Renard n’a pas été gâté et précipitera sa perte pour un crime commis sur son lieu de travail.

Passés les premiers haut-le-cœur dans les chambres mortuaires où il opère, je suis rentrée dans l’intimité du héros et je l’ai suivi passionnément, parfois horrifiée et surprise à chaque page.

J’ai beaucoup ri aussi (morte de rire, pour le coup), quand intervenait sa mère, la Pâqueline, démone grossière au dernier degré, infréquentable, mais intelligente à son propre avantage. Insérer du comique dans le macabre, quel talent !

Enfin asperger cette lecture d’odeurs pestilentielles mais aussi de flagrances aromatiques ou fleuries, imbibe le lecteur d’admiration stylistique.

GRANDIOSE.

*A la dernière ligne, j’ai dansé sur RELAX pour sourire à la vie.

 **

topfive