oster

 Eloge de la fuite.

« Lorsque Paul quitte la femme de Carl Denver, qu'il avait séduite, la crainte d'une vengeance le pousse à partir dans le Massif central. Mais la fureur de ce dernier ne laisse aucun répit à Paul ».

J’ai retrouvé la marque de fabrique de l’auteur : Rouler (titre de son précédent roman) et laisser filer sa vie. Le chemin et les détours, qui mènent à des rencontres et des surprises, comptent plus que la destination. 

Ce n’est pas tant le comportement étrange de Paul, paranoïaque car obsédé par le fait d’être observé par Carl Denver, que le style d’écriture singulier qui m’a portée à la lecture de ce roman : des descriptions ultra-minutieuses de décors, de gestes, de pensées, dans une langue filandreuse, parfois tarabiscotée*. Oster, on aime, comme moi, ou on s’ennuie, et je peux comprendre.

Drôle.

p. 99

*« Le mobilier de l’auberge, comme le paysage, demeurait indécis, dont la base rustique semblait avoir été lissée dans une visée d’allégement. Tout était absolument propre mais rien, sans être résolument laid n’indiquait qu’on eût achevé ici le possible projet d’accueillir une clientèle exigeante ».

= l’auberge ne casse rien.