les loyautes

Hélène est prof de Sciences Nat et Cécile mère au foyer. Toutes les deux sont inquiètent. Cécile en tant que mère de Mathis. Hélène comme prof de Théo. Elles ont l’intuition qu’il se passe quelque chose d’inavouée et d’inavouable dans le quotidien de ces collégiens. Il faut dire que pour Théo la vie n’est pas rose. Il est balloté une semaine sur deux entre un père qui a décroché et ne peut plus rien assuré et une mère en colère et pleine de haine pour « l’autre ». Théo pour s’échapper boit de l’alcool en cachette. Il entraine son camarade Mathis dans son escalade autodestructrice.

Tout cela pourrait paraître une histoire bien noire et malheureusement déjà vue. Mais Delphine de Vigan en fait autre chose qu’un roman sordide. Elle appuie là où ça fait mal.

Pourquoi ces deux femmes sont les seules à repérer la détresse cachée de ces jeunes ? Pourquoi font-elles tout pour découvrir d’où viennent le malaise et le mal de vivre des garçons ? Pourquoi se sentent elles si mal à leur tour en découvrant les incartades des jeunes. C’est là que cela devient intéressant. Car le désastre qui s’annonce révèle le leur, fait ressurgir le passé et c’est douloureux.

Delphine de Vigan, dans ses romans, aime les jeux de miroirs déformés,  traite souvent des troubles de la personnalité et aborde les blessures de l’enfance. Elle le fait ici encore avec une écriture au scalpel, mots choisis sans fioritures. Et c’est là son talent.  

 Isabelle