neigesbleueMémoire blessée.

Au coeur du système répressif soviétique des années 40, dans l'antichambre du goulag, un petit garçon de huit ans tente, malgré les épreuves, de garder l'allégresse naturelle à l'enfance.

Parce que l’enfance est le sol sur lequel nous marchons toute notre vie, Piotr Bednarski relate une période de son existence où ses parents et ses grands-mères étaient encore de ce monde. Aimé et protégé par une mère dont la beauté clouait sur place, Petia possédait l’antidote contre le redoutable venin du régime soviétique, dirigé par « deux vampires : Staline et Beria. »* : la confiance en soi. Il ne craignait pas de dépasser les bornes autorisées dans son village reculé de Sibérie, surveillé étroitement par le NKVD, où l’hiver sévit à – 40° (d’où le titre du livre, car la neige devient bleue tellement il fait froid).

« Il fallait survivre avec le sourire, pour rester ce qu’on était : un être humain ».

Or « en Russie soviétique, un homme ne pesait pas plus qu’un moustique… ceux-ci pouvaient disparaître sans laisser de trace, et souvent ils disparaissaient ainsi »

« En Russie, il n’y a que les oiseaux de libres ».

*En complément de ce récit qui fut pour moi trois heures (139 pages) de beauté d’écriture (Merci Goran !), de poésie mais aussi de douleur, j’ai enfoncé le clou et suis allée voir le film  La-mort-de-Staline, farce politique sur les luttes de pouvoir du Politburo à la mort du dictateur. Sa projection a été déclarée interdite par le Kremlin. Mais cela est un autre débat et les commentaires circulent en ce moment dans les médias.