CVT_Lordre-du-jour_883524 présents.

« E. Vuillard retrace les événements et les coulisses de l'Anschluss, lorsque la Wehrmacht entre triomphalement en Autriche, et s'interroge sur les fondements des premiers exploits de l'armée nazie, entre rapidité, modernité, marchandages et intérêts »

J’ai eu la chance d’écouter tout un après-midi E. Vuillard, en septembre 2017, avant qu’il ne soit l’outsider qui a remporté le prix Goncourt. Je me suis laissé emporter par son courant prolifique de paroles. Il est bon orateur, très éloquent, et il faut rester concentré pour ne rien perdre de ses décortications de l’envers de l’histoire, si bien qu’à un moment, pour sortir de mon apnée d’écoute, j’ai eu soudain envie d’avoir en face de moi Patrick Modiano, qui cherche longuement le mot juste en interview.

Ecrire peut se comparer à la confection de haute couture, comme m’est apparu le chapitre « Déjeuner d’adieu à Downing Street » de ce récit, particulièrement bien filé.

Ce prix littéraire mérité, court et dense, m’a bien plu car j’ai soufflé à volonté : j’ai souvent posé le livre, ai cherché la signification de mots rares, suis retournée en arrière pour savourer le plus longtemps possible sa virtuosité d’écriture, empreinte d’ironie drôle.

Eric Vuillard et Danièle Sallenave, à Savennières, le 22 septembre 2017 :

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