couv veuves de verre

Un diamant de mots.

J’ai écouté longtemps, et ce jusqu’à la dernière émission (juillet 2014) « Du jour au lendemain » d’Alain Veinstein. Il invitait des écrivains et les questionnait sur la genèse de leur livre.

Je ne l’ai jamais entendu émettre un avis personnel en ligne, sauf une fois , le 26 mai 2010, avec Alexis Gloaguen qui venait de publier ce carnet de récits de voyages. Je me rappelle son entrée en matière « … votre écriture est d’une beauté totalement inouïe… ».

J’ai donc acheté le volume et depuis 2010, c’est le seul livre que je lis, relis, lis, relis, au hasard d’une page puisque les chapitres, de la poésie en prose, peuvent se lire séparément.

L’auteur, en duplex depuis Saint-Pierre-et-Miquelon, expliquait au journaliste et aux auditeurs qu’il avait été transpercé d’un choc esthétique en découvrant les tours, effrayantes et attirantes, du centre de Toronto, d’où ce titre, encore énigmatique : Les Veuves de verre. toronto2

Les mots justes me manquent pour inciter à lire ce poète, alors juste une mise en bouche :

« La langue a néanmoins ses coups de chaleur. Elle souffle ses syllabes, incise des bouffées d’assonance et des giclées de rythmes. »

« Les phrases courent comme des serpents…. Et comme les serpents elles s’orientent, infaillibles : inexplicablement. »

« Les verbes se disposent en strates érodées, hautes, impératives »

Je laisse le mot de la fin à son éditeur, Maurice Nadeau, 99 ans en 2010 (et mort en 2013) : « Dans le voyage la réalité se mêle au rêve, tandis que pour le lecteur éclate la révélation d’une écriture. »