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Troublant mystère.

Quand un être proche disparaît soudainement de son domicile, c’est comme un pneu qui éclate : ceux qui restent ne roulent plus et selon les circonstances c’est la panique à bord.

Astrid, mère au foyer dévouée, et Thomas, employé de banque exemplaire, vivent heureux avec leurs enfants. Ils rentrent de vacances, prennent un verre en soirée sur la terrasse. Un enfant appelle de la chambre, Astrid va à son chevet et lorsqu’elle redescend, Thomas a disparu.

Elle prendra son temps pour alerter la police et brodera un certain temps des histoires à l’employeur et aux enfants.

La magie du roman tient au fait qu’Astrid triomphe de l’angoisse et vit normalement son quotidien. En effet, elle va le chercher, certes, mais elle accepte cette situation car «Thomas ne disparaissait pas de sa vie comme un objet inutile, il était une partie d’elle, comme elle était une partie de lui, peu importe ce qui était arrivé et ce qui arriverait ». Pour elle, c’est une parenthèse, une longue attente en noir et blanc et sans paroles. Reverra-t-elle Thomas et du coup le film de sa vie en couleur ?

La fin, s u b l i m i s s i m e, et j'en frissonne encore, vous le dira.

Quant à Thomas, il a pris un passeport pour une liberté totale. Dans sa fuite à travers la campagne, (d’où le titre original Weit über das Land « il se sentait présent au monde comme jamais.» On découvre un homme qui a choisi de rendre sa vie intéressante en réalisant un rêve : « n’avoir ni passé, ni avenir ».

Le procédé narratif en forme de balancier des chapitres, d'où le titre en français l’un l’autre, ouvre grand l’intériorité du couple, à tour de rôle.

Elégiaque.

mjo