francSociété secrète.

« Alejandra Varela, spécialiste de l'art urbain, parcourt l'Espagne à la recherche de Sniper, un graffeur dont personne n'a jamais vu le visage. Stupéfiantes sur le plan artistique, les performances qu'il organise peuvent se révéler dangereuses. Alejandra découvre petit à petit les véritables intentions de cet artiste radical. »

C’est cela la lecture : visiter des mondes que vous ne connaîtriez jamais autrement. Or le monde des graffeurs mérite le détour.

Ce roman, qui allie finesse du style et violence du sujet, m’a subjuguée ; l’enquête est rondement menée et la fin m’a atterrée.

Qui se cachent derrière ces dessins, ces griffures, ce vandalisme créatif ?

En effet, leur générosité subversive n’est guidée que par une pulsion d’adrénaline, sous contrainte, car le temps est compté pendant l’exécution impulsive de traits serpentins.

Lire la patience du franc-tireur, c’est recevoir un coup de feu qui a fait chavirer mes idées sur l’art urbain, illégal, bâtard, si proche des peintures des grottes de Lascaux dont on cherche encore aujourd’hui le mystère.

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2 oeuvres de Bansky, célèbre artiste anglais de l'art urbain.

« …tout l’art consistait à ne pas se faire prendre. A peindre là où on ne doit pas. A fuir les flics et ne pas se laisser attraper. Arriver chez soi et penser ‘je l’ai fait’, c’est le must. Bien plus que le sexe ou les drogues.. Nous sommes nombreux à avoir été sauvés d’un tas de choses par le graffiti ».

« Selon les autorités, le graffiti détruit le paysage urbain ; mais nous on doit supporter les panneaux lumineux, les enseignes, la publicité, les autobus avec leurs annonces et leurs messages débiles… Ils s’approprient toute la surface disponible… l’unique art que je conçois est de foutre en l’air toute cette merde… »

« L’art est une chose morte, alors qu’un auteur de graff est vivant »

Aujourd’hui avec Internet, quelques traits d’aérosol peuvent se transformer en icône mondiale trois heures après avoir été photographiés dans un faubourg de Los Angeles ou de Nairobi… Le graffiti est l’œuvre d’art la plus honnête, parce que celui qui le fait n’en profite pas. Il n’a rien à voir avec la perversion du marché. C’est un coup de feu asocial qui frappe en pleine moelle. L’œuvre faite dans la rue y reste et ne se vend jamais. Elle peut être détruite, mais pas vendue »

« Chez les auteurs de graffitis, le seul mot qui compte est réputation. »

Edifiant !

Magistral !

Inoubliable !

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vu le long des rails, à Angers

mjo