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« Marche dans le vide »
« Dans une métropole, le narrateur vit dans un immeuble au milieu de travaux. Il rencontre un couple de voisins. Il entame une liaison avec la femme et visite le soir l'homme, qui prétend que des milliers de personnes disparaissent chaque année. Puis le couple disparaît et la métropole se retrouve sous les flots. Peu à peu l'eau se retire et le personnage découvre un message évoquant un grand chaos ». ©Electre 2016

Frappée par la beauté de la langue, de toute sa richesse, je vous recommande la lecture de ce roman, qui par un faisceau de concordances, m’a fait penser à « Opéra muet » de Sylvie Germain que j’avais beaucoup aimé également car dans les deux livres, chaque phrase est un bonheur.

Philippe Forest est écrivain et professeur d’Université à Nantes. Il fait dire à son narrateur dans « Crue », au sujet de son métier, p 76 :
- « je brassais du vent. Je me payais de mots. J’étais payé et bien payé – pour les mots dont je me servais et que je servais aux autres. Rétribué pour mon inutilité ».

Philippe Forest est un virtuose du trait d’esprit et j’envie les étudiants qui assistent à ses cours car les mots qu’il leur sert doivent les marquer.

Secondaire dans ma mémoire, l’histoire dans Crue emprunte de multiples chemins de traverse, au risque de s’effilocher. Je ne retiens que les pensées philosophiques présentes dans tous les recoins des pages sur l’absence, le rien, le vide, le chaos de nos vies.

mjo