A l'orée

"Pars vers l’ouest, jeune homme, et grandit avec le pays".

Un voyage que va entreprendre le jeune Robert goodenough dans l’Amérique du 19ème siècle. Celle de la conquête de l’ouest et de la ruée vers l’or. Il vit de petits boulots jusqu’à se fixer en Californie où il rencontre son patron William Lobb, botaniste. Robert se passionne pour les arbres, ceux de l’espérance. Celle d’obtenir enfin une réponse aux lettres adressées à sa famille pendant plus de 15 ans. Tout au long de son périple plane l’ombre d’un drame pressenti dans la première partie du roman. Celui des pommes de la discorde entre James et Sadie Goodenough, colons anglais.

En 1938, ils ont quitté le Connecticut à la recherche d’une terre vierge promise à tout pionnier qui l’exploitera. Ils sont contraints de s'installer dans le Black Swamp (Ohio), leur chariot s’est embourbé dans cette région marécageuse. Les conditions de vie sont difficiles, la fièvre des marais emporte chaque année un enfant. Sadie noie sa solitude et son amertume dans l’eau de vie au prétexte d'éloigner la fièvre des marais. Les 50 pommiers que James doit planter sous 3 ans pour conserver cette terre sont la source de conflits permanents alimentés par la mère. Martha, enfant fragile, souffre douleur de Sadie travaille sans relâche face à l’indifférence de James. Seul son frère Robert, respecté, tente de la protéger.

Le rêve américain s’est envolé. Avec réalisme et un souci du détail Tracy Chevalier s’en est emparé. Elle dresse des portraits authentiques, certains historiques voire légendaires, nous instruit sur la culture des pommiers et des grands arbres américains, leur importation en Angleterre. Un roman singulier, naturaliste où le temps s’étire au rythme des chariots branlants et de la lenteur du courrier. Une construction habile créée l’attente, celle du drame, celle d’une rencontre entre Robert et Martha. 

Une idée de ce que pouvait être la vie âpre des colons à cette époque. 

Brigitte.