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Un handicap invisible.

Un mauvais traitement médical prescrit à l’auteur dans les années 1960 lui fait perdre subitement l’audition d’une oreille, à tout jamais.

« Dans ce récit intime, E Barillé évoque son handicap invisible, malédiction et trésor, qui l’isole mais lui accorde aussi le droit d’être absente, le droit à la rêverie, au retrait, à la rétention, voire au refus ».

Nous entendons des révélations intéressantes et émouvantes d’un monde inconnu, des allusions littéraires et musicales s’y rapportant, de toute beauté, mais c’est l’écriture qui m’empêche d’en parler avec enthousiasme.

Entre « faire du style » et « avoir du style » la marge est abyssale et malheureusement je classerais le style d’E.B. dans la première catégorie.

Un aperçu du manque de naturel dans l’expression d’E.Barillé, à mon goût :

p 58 « Les vernissages, les projections privées, les remises de prix, les hommages alcoolisés aux génies morts ou à deux doigts de l’être, sont de fabuleux terrains d’observation. Je sais cela et pourtant je les fuis. En déchirant les cartons calligraphiés, pour certains, comme des livres d’heures, j’abandonne à la rouille l’esprit critique, l’esprit d’ironie, et cette lucidité qui s’épuise aux froids éclats des vanités ».

Enfin, je note qu’elle ne porte pas le Maine-et-Loire dans son cœur, même si son ressenti date des années 1970 :

p 31 « L’été en famille, dans le Maine-et-Loire. Les villages sans vie. Les églises sans grâce. Les façades crayeuses comme les joues des vieilles filles qui s’y terrent ». Hum ! Tout pour me plaire…

mjo