garcia-laureat

Un médecin attachant.

Dans les années 74-75, sous Giscard d’Estaing, nous suivons le quotidien harassant d’un jeune médecin, interne dans un hôpital en ville mais aussi médecin remplaçant dans le marais poitevin, où la population est encore arriérée, pauvre et où la « guérisseuse, à la fois crainte et louée, leur tenait un discours d’autorité et d’équilibre, dont les mots les confortaient, résonnaient en eux plus fort que mes certitudes scientifiques ».

Pourtant les mots pour approcher les malades, et faire un diagnostic sûr, ne manquent pas à Paco Lorca. En 2016, où les médecins vous coupent la parole en moyenne au bout de 23 secondes pour diriger l’entretien (cf « Docteur, écoutez » d’Anne Revah-Levy et de Laurence Verneuil), on aimerait retrouver un médecin de famille de la trempe du héros de ce roman, qui pratique une qualité d’écoute ni trop insistante, ni trop détachée.

On ne s’ennuie pas une seconde à la lecture de ce livre, à l’architecture originale : le son et le flux ininterrompu des phrases  surprennent au début car dans la même phrase, questions, réponses, dialecte et pensées élaborées de l’auteur se succèdent entre les virgules, sans mise à la ligne.  Comme au point arrière en broderie, on est souvent obligé de relire un passage pour savoir qui a parlé.

L’humour abonde et rend le narrateur très sympathique.

Je conseille vraiment l’achat de ce roman, écrit par un médecin qui exerce à Bordeaux et  dont le cabinet est situé en face la grande librairie Mollat, où je rêve de me rendre un jour.

mjo