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BIOGRAPHIE DE ZHU XIAO-MEI

De Mao à Bach le calvaire et la renaissance d'une grande artiste

Pékin, 1969. Zhu Xiao-Mei est un « être de mauvaise origine », c'est-à-dire qu'elle est issue d'une famille de bourgeois cultivés. Une tare d'autant plus lourde à porter pour la jeune Xiao-Mei qu'elle a un don précoce pour le piano et une passion pour la musique décadente – Shumann, Mozart, Bach. Logique, par conséquent, qu'elle soit envoyée en camp de rééducation par les autorités de la Chine communiste. 

Frontière de la Mongolie, 1974. Zhu Xiao-Mei n'a plus rien d'une bourgeoise cultivée, plus rien d'une pianiste, plus rien d'une artiste. Elle est devenue une machine à obéir et à dénoncer. Son unique livre est le Petit Livre rouge, son unique rêve de manger à sa faim. Mais un jour, Xiao-Mei trouve dans le camp un vieil accordéon. Elle caresse les touches, se risque à jouer un accord, quelques notes de musique s'élèvent... Par enchantement l'espoir renaît : Xiao-Mei se jure qu'elle rejouera du piano. 
Paris, 1985. Il a fallu à la jeune femme dix ans d'obstination pour pouvoir pratiquer ce qui est depuis toujours son vrai métier, pianiste. Partie de Chine dès les premiers signes d'ouverture, en 1979, elle reprend ses études musicales aux États-Unis tout en travaillant pour survivre comme baby-sitter, femme de ménage, serveuse, cuisinière... Puis elle s'exile encore, cette fois vers Paris. Et là, le miracle survient. Pour la première fois, on l'écoute, on lui donne sa chance... Sa carrière est lancée, elle ne s'arrêtera plus.

 

Je viens de découvrir une grande artiste dont la vie a été laminée par Mao Zedong.

Enfant, elle sait qui il est. Son portrait est partout :

« Nous les petits enfants, nous devons révérer le président Mao car nous lui devons tout. Il est pour nous un père, que nous devons aimer plus que nos pères »

Plus tard elle renie ses parentpour bâtir la Chine nouvelle  puis petit à petit elle veut changer de vie, arrêter le piano et devenir soldat : être une vraie révolutionnaire.

Il lui faudra cinq longues années de camp avant d'accepter le doute et peut-être devenir lucide.

Libre elle est submergée par l'angoisse et l'amertume.

« Je pense aux années perdues, à la musique que je n'ai pas jouée, aux livres que je n'ai pas lus, à l'affection que je n'ai pas donnée aux miens »

Mais la passion pour le piano va sauver cette femme brisée par la Révolution culturelle . En refermant le livre le lecteur ne peut s'empêcher d'écouter Bach pour mieux ressentir l'énergie qu'elle a puisé en lui et partager avec elle sa vénération .

Si aujourd'hui Zhu Xiao-Mei est célébrée dans le monde entier comme une pianiste virtuose, elle aspire maintenant « à trouver enfin la liberté intérieure »

Elise