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Préface de Patrick Modiano Dossier réuni par Frédéric Maria

Collection L'arbalète/Gallimard, Parution : 15-10-2015

 Course contre la mort.

« Fuyant l’Allemagne nazie, où elle avait fondé une librairie française, Françoise Frenkel (1889-1975) se cacha à Nice avant de trouver refuge en Suisse. Son bouleversant témoignage, paru en 1945, est enfin réédité », grâce à un exemplaire du livre retrouvé chez Emmaüs.

Ce récit - « Toutes les pensées…tournaient autour de ces quatre problèmes : guerre, fuite, arrestation, déportation » - se déroule comme un film à suspense, avec des grands moments d’angoisse, d’horreur et de honte :

Je retiens ceci : « Un fond de sadisme doit être caché en tout homme pour se dévoiler lorsqu’une occasion s’en présente. Il suffisait qu’on ait donné à ces garçons, somme toute paisibles, le pouvoir abominable de chasser et de traquer des êtres humains sans défense pour qu’ils remplissent cette tâche avec une âpreté singulière et farouche qui ressemblait à de la joie »

« Nous, nous faisons notre service, ça vient de Vichy, de notre gouvernement, ces ordres-là, conclut-il avec conviction ».

Et je me dis que le cœur du problème est là : le gouvernement de Vichy valide les atrocités du nazisme et joue le jeu à la lettre de la politique d’extermination du Chancelier allemand, antisémite et raciste. Nous pouvons nous réjouir que depuis 70 ans les gouvernements répriment ardemment cette haine, qui hélas n’a pas disparu.

Le récit, très bien écrit, est zébré furtivement de descriptions de la splendide nature autour d’elle, sa seule bouffée d’air frais. Nous rencontrons aussi des hommes et des femmes de grande valeur humaine, qui ont permis à l’héroïne d’échapper à son tragique destin.

Une lecture nécessaire.

Jérôme Garcin en parle : http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20151008.OBS7318/sur-les-traces-de-francoise-frenkel-par-patrick-modiano.html

mjo