la nuit tombée

Cela fait deux ans que Gouri a quitté Pipriat, la cité la plus proche de la centrale.  C’est là qu’il habitait avec sa famille, qu’il travaillait, avant la catastrophe.  Cette zone est désormais gardée, interdite.  Il revient, juché sur sa moto qui tire une remorque vide. Qu’est-il venu chercher  en un lieu inhospitalier, en une nuit ?

 Il attend à Chevtchenko, chez Iakov et Vera, que la nuit tombe pour braver l’interdit.  Son arrivée dans ce no man’s land active les étincelles de vie des  quelques habitants d’un hameau  dévasté. On chante, on boit,  on se souvient  d’avant, d’après.  On se soutient.

Puis, à la nuit tombée Gouri retourne dans son ancien appartement. Il est venu récupérer un objet cher à son cœur, chargé de souvenirs.  

Une économie de mots, des silences, beaucoup de pudeur. Il émane de ces survivants une très grande humanité. Tel  un clair obscur elle diffuse un halo de douceur au cœur même de la tragédie.

Un roman mémorable.

Brigitte.