Feu

Brûler pour exister ?
Un père a arraché sa fille, encore bébé, du feu de la guerre (au Rwanda ?), où la mère et le frère sont morts, pour tenter une survie dans le « Continent Blanc ». A 15 ans, Adama se retrouve en prison car, à son tour, elle a provoqué la mort de plusieurs personnes en mettant le feu à une boîte aux lettres dans son immeuble. Feu pour feu. Le père, aimant, est effondré et s’interroge, culpabilise, se fait des reproches.


L’entrelacement de deux modes d’expression en complète opposition,


celui du narrateur, recherché et résigné
« Nous allons des jours durant, suspendus comme viande dans un temps qui n’est pas fait pour être vécu mais franchi, respiration réduite au plus mince filet, rêves bridés, métabolisme à l’économie et je t’emporte, ma valeureuse, emmaillotée dans les mots du pays que nous tentons de fuir »


et celui de l’adolescente, violent et révolté
…. « c’est notre sister à la vie à la mort, t’oublies ton connard de mec, en plus y en a dix autres qui pleureraient leur mère pour elle tellement elle est douce ZorA, tellement c’est une bombe, une vraie, pas une qui doit se déguiser en pute pour qu’on se dise tiens t’existes toi, j’tavais pas vue .»


fait de ce livre, léger comme un papillon par le poids (72 p) mais lourd comme un éléphant par le sujet traité, un ovni dans ma bibliothèque.


Un beau travail littéraire, un style flamboyant et un témoignage qui éclaire les tourments de notre temps. Une lecture, non pas d’évasion, mais qui laisse le lecteur dans une profonde réflexion.

Cinglant !

mjo

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