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Cette biographie est citée comme un des chefs-d’œuvre de la biographie classique.  Avec Zweig, ce n’est pas une surprise,  son style incomparable permet au lecteur de remonter le temps ; propulsé à Versailles il évolue de l’adolescence de la dauphine à la mort  d’une reine.  Les chapitres défilent avec une chronologie rigoureuse et une analyse très fine de la psychologie de Marie-Antoinette étayée de documents historiques.

Cette vie hors du commun  écrite et décryptée avec beaucoup de sensibilité nous donne de la personnalité de Marie-Antoinette tellement vilipendée une hauteur de vues insoupçonnable.   Comment comprendre que la dauphine  adulée  à son arrivée  en France termine sur l’échafaud ? Sa frivolité, l’inconsistance de son époux ? Cela suffit-il pour conduire à une révolution ? Non,  et il faut compter sur l’humanité de Zweig pour ne pas faire un tel  raccourci. Loin s’en faut puisqu’en 500 pages il explique comment on marie une enfant,  dévoile les secrets d’alcôve. la mort du roi qui fera entrer dans l’Histoire ce couple royal. La reine du Rococo fuit la cours au Trianon, s’amuse la nuit aux bals masqués de la capitale et dépense sans compter. Ce n’est pas le roi, passionné avant tout de chasse, qui lui rappelle son devoir. Dès les 150 premières pages on constate avant tout que ni l’un ni l’autre n’était fait pour tenir le rôle.

Celui que Marie-Antoinette a sans doute le mieux assumé est celui de mère. Après avoir accouché d’une fille bien des années après son mariage (le roi s’est enfin décidé à subir une petite intervention chirurgicale)  la naissance du dauphin tant attendu est acclamée par le peuple et la cours.  Il aurait suffit à ce moment là à la reine de rejoindre Versailles, d’abandonner sa frivole société pour faire oublier sa légèreté. Mais « La patiente du peuple est à bout », la reine devient impopulaire. Quand ses ennemies lui tendent un piège « l’affaire du collier », lui attribuent  toutes les perversions relayées par de nombreux pamphlets  jusqu’au fin fond des campagnes et que le ministre des finances révèle un déficit abyssal, Marie-Antoinette est tenue pour seule responsable, ne la surnomme-t-on pas « Mme Déficit ». Le peuple se réveille, la reine aussi. Etait-il déjà trop tard ?

La reine réduit ses dépenses (une goutte d’eau), se rapproche de conseillers avisés, tend l’oreille vers l’opinion publique.  Elle se sent plus « assurée comme mère que comme reine ». Puis au printemps 1789, sur les conseils de Necker,  le roi convoque les Etats-généraux.

Il reste désormais à Zweig plus de la moitié de cette biographie pour décrire et analyser comment, pendant plusieurs années,  Marie-Antoinette a fait face à la révolution : la fuite des amis hormis le conte De Fersen (ami assurément, amant  l’était-il, ne l’était-il pas ?) la dernière nuit à Versailles, les négociations avec Mirabeau, la fuite à Varennes, le retour,  la déclaration de guerre à la Hongrie, la détention, le procès, la montée sur l’échafaud.

C’est dans cette seconde partie que Marie-Antoinette révèle une autre facette de sa personnalité. Celle d’une  femme digne et courageuse.  

Brigitte