Fumet de lectures

10 octobre 2019

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

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Noirceur, émotion, humour.

« Paul Hansen est superintendant dans la résidence L'Excelsior. Quand il n'est pas occupé par ses fonctions de concierge ou de gardien, il apprécie s'occuper des habitants. Mais quand un nouveau gérant arrive, les conflits éclatent. »

N’en déplaise à Frédéric Beigbeder qui reproche à Jean-Paul Dubois d’avoir bâclé l’écriture de ce livre sous prétexte que l’auteur écrit tous ses romans en 30 jours, je l’ai lu avec délectation. Des traits d’humour édulcorent le tableau sociétal contemporain que nous peint Jean-Paul Dubois, d’une noirceur absolue.

Deux temporalités défilent agilement, à tour de rôle : celle du séjour en cellule de Paul avec un codétenu haut en couleurs et celle d’un retour sur sa vie avant l’emprisonnement.

Deux styles d’écriture aussi : un phrasé académique travaillé juste comme il faut et le langage fleuri de vulgarités de son voisin de cachot, à mourir de rire.

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04 octobre 2019

La biographe d’Evelyne Bloch-Dano

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"Ecrire c’est se dénoncer"

rappelle Isabelle dans son dernier billet. Evelyne Bloch-Dano, biographe, se « dénonce » effectivement  pour la première fois dans ce livre, à travers le portrait de deux femmes allemandes de l’après-guerre que tout oppose :

- Romy Schneider, actrice, a porté toute sa vie la responsabilité des victimes du nazisme, dont les parents, (surtout la mère, amie d’Hitler), étaient très proches.

- Edith Hanau, la mère d’Evelyne Bloch-Dano, allemande juive, femme battante, s’est vengée à sa façon de la perte des siens dans les camps d’extermination, en s’occupant activement des « personnes déplacées » jusqu’en 1947.

Portés par une très belle langue, ramassée et sobre, l’enquête fouillée sur la triste vérité de Romy Schneider et le récit sur sa propre famille mettent le doigt sur des questions existentielles dont

Que fait-on de la vie qu’on hérite ?

Evelyne Bloch-Dano au festival littéraire de Savennières (49) Terres à Vins, Terres à Livres, le 27/09/2019

isabelle

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29 septembre 2019

L'écrivain national de Serge Joncour

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Ne cherchez pas ce titre dans la foisonnante rentrée littéraire, vous ne le trouverez pas. Pourtant cet «écrivain national » est complètement d’actualité ! Tout auteur un peu connu est un jour ou l’autre « invité »  en résidence avec en contrepartie, séances de signatures, animation d’ateliers d’écriture et autres rencontres avec les lecteurs. C’est le cas ici pour Serge Joncour qui espère bien qu’il y sera peinard : « Ce séjour promettait d’être calme. C’était même l’idée de départ, prendre du recul, faire un pas de côté hors du quotidien ».

En fait pas du tout. L’auteur se retrouve dans un patelin au fin fond des bois et son séjour va virer au cauchemar. Il est rapidement inquiété dans un faits divers avec disparition d’un homme, doublé d’un projet controversé d’implantation d’une usine peu écolo. Et en plus il tombe amoureux de la belle et trouble suspecte n°1. Tout l’accable et petit à petit les habitants du village doutent de cet écrivain national. Bref on est en plein thriller…

Mais Serge Joncour va bien au-delà. Il aborde ici la condition d’écrivain. A quoi sert-il ? Comment parler de ses livres sans trop se dévoiler. « Ecrire c’est se dénoncer » dit-il. De quelle manière communiquer avec des lecteurs pas toujours convaincus ? Quelles sont ses sources d’inspiration ? Comment animer un atelier d’écriture pour illettrés ? Le rôle de médiateur passionné des libraires et bibliothécaires. Toutes ces situations dont on a été témoin lors de rencontres avec des auteurs. C’est écrit finement, avec humour, autodérision et sensibilité.

A lire

Isabelle

 

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25 septembre 2019

Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Eric-Emmanuel Schmitt

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Une tarte à la crème.

L’auteur fait le récit de ses leçons de piano pittoresques chez Mme Pylinska quand il était étudiant.

Un jour elle lui dit, « vidée de son énergie »:

« Vous vous écoutez trop ; et moi, quand vous vous écoutez, je ne vous écoute plus ».

Et c’est bien là le problème car 30 ans après E-E Schmitt s’écoute toujours et nous ventile son narcissisme, aggravé par un style lourd de successions systématiques de verbes ou de noms communs et surtout d’adjectifs dans une MEME phrase.

La photo d’E-E Schmitt en 4e de couverture, 119 pages, 13,50 euros pour un livre

Insipide.

17 septembre 2019

Etat limite de Pierre Assouline

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Sous le tapis d'une famille noble.... 

« François-Marie Simon, généalogiste professionnel et indépendant, réalise l'arbre généalogique de la dynastie Chemillé, exemple parfait de la vieille noblesse française. Convié à la réunion de famille pour rendre compte de son travail, il peut observer à loisir un milieu dont il ignore tout, mais aussi constater les fissures naissantes dans la respectable façade de la famille Chemillé... »

L’encre d’Etat limite n’est pas toute fraîche puisqu’il a été édité en 2003. J’ai choisi de lire ce roman car Pierre Assouline, comme à l’accoutumée, met en relief la beauté et l’esthétique de la langue française avec ses acrobaties verbales et ses traits d’esprit.

Une histoire palpitante au drapé stylistique digne des grands couturiers. J’ai  a d o r é.

Vais-je trouver parmi les nouveautés littéraires de cette rentrée un livre à la hauteur de ce beau roman ? Je l’espère.

Aristocratique.

 

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15 septembre 2019

Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti

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L’écrivain des silences.

Le grand écrivain israélien de langue hébraïque Aharon Apelfeld est mort en janvier 2018. Il était né à Czernowitz (alors en Roumanie) où il vécut une enfance heureuse jusqu’à l’âge de 10 ans, puis il fut déporté.

Valérie Zenatti , sa traductrice de l’hébreu en français, a éprouvé le besoin de se rendre à Czernowitz (désormais en Ukraine) pour y ensevelir de lumière l’aura de Aharon Apelfeld dont la relation, professionnelle puis amicale, a embelli sa personnalité.

« Chaque phrase chez lui, chaque idée, chaque image est accompagnée de son aura de silence ». Cet homme était en effet meurtri à jamais par ses années de jeunesse vécues sous le joug du nazisme.

En période de canicule, j’ai ressenti l’écriture de Valérie Zenatti douce comme des flocons de neige ; Son récit restera ma plus belle lecture de cet été 2019.

Abouti.

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06 septembre 2019

Cartons de Pascal Garnier

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Déménagement, dépression et dégringolade.

« Brice, illustrateur de livres pour la jeunesse, quitte son appartement lyonnais pour une maison isolée à la campagne, qu'il a choisie avec son épouse Emma, journaliste, alors en voyage en Egypte. Sans nouvelles d'elle, il déserte son logis et s'installe dans le garage, au milieu des cartons, où il poursuit sa descente aux enfers. »

Un style qui m’a subjuguée : une chorégraphie de descriptions simples de petits riens de la vie et de métaphores grandiloquentes exagérées, mais très drôles.

Une histoire pleine de surprises, mais aussi de drames : Pascal Garnier sait nous étonner. Je m’imaginais au cœur d’un labyrinthe et sûre d’être sur une bonne piste, je devais vite constater que ce n’était qu’un trompe l’œil.

Dramatique.

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02 septembre 2019

Rentrée ?

septembre

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21 août 2019

Le pouvoir de la voix de Jean Abitbol

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«L’homme possède un trésor inestimable : sa voix. »

En ce moment, je n’ai pas beaucoup le temps de lire car :

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Il me fallait acheter un livre où je picorerais des chapitres entre la popote, les parties de "cochon qui rit", les rigolades, les courses et j’ai choisi cet ouvrage sur un thème qui me fascine : la voix.

Le professeur Abitbol, phoniatre, chirurgien ORL, se réclame chirurgien de l’émotion car son champ d’action touche à un instrument de notre corps « dont la force confine au mystère ».

Truffé d’anecdotes, de rencontres, d’explications pointues mais jamais ennuyeuses j’ai eu du mal à reposer le livre sur ma table de chevet le soir, captivée, ébahie, émerveillée par les lignes qui vibrent dans cet essai.

Je cite juste une anecdote qui illustre une phrase que j’aime beaucoup :

« Parmi les moyens que nous avons de nous exprimer, la voix est la plus intime et la plus nue des manifestations de notre essentiel ». Ainsi il raconte qu’une brillante avocate l’a consulté pour une opération des cordes vocales afin de perdre sa voix qu’elle jugeait trop grave et qui plairait à son petit ami. Il a refusé. Elle s’est fait opérer par un autre chirurgien et il a revu cette femme qui a tout perdu : ses plaidoiries, son petit ami et son moi à tel point que désormais elle rêve d’elle avec son ancienne voix.

Il termine le tour de la question par un chapitre intitulé « Les voix du silence » et fait tomber son verdict : « Le pouvoir du silence n’est-il pas le pouvoir ultime de la voix ? »

Divin.

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12 août 2019

Street Art – poésie urbaine de Sophie Pujas

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B e a u l ivre.

« Le street art offre un pas de côté, une subversion du regard sur les lieux familiers ». Sophie Pujas nous montre son herbier de 21 portraits d’artistes, des scénographes du quotidien qui ont la « légèreté et l’humour comme mode d’expression privilégié ».

De loin, c’est Oakoak que je préfère (Couverture : Spiderman, Saint-Etienne, 2002)

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous 3 de ses nombreuses oeuvres :

 EPSON081

EPSON080

EPSON079

à lire, à relire, à contempler, à offrir.

Superbe.

 

 

 

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