Fumet de lectures

18 août 2018

Intermède 4. Pascale Barbaz

becassine

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12 août 2018

La miséricorde des cœurs de Szilàrd Borbély

Borbély+Szilárd+NINCSTELENEK

Lutte contre la misère.

« Dans le nord de la Hongrie, 12 ans après la répression de l’insurrection de 1956, une famille multiplie les efforts pour subsister quotidiennement ».

Ce roman, 333 pages, paru en 2013, un an avant que l’auteur ne se suicide, déconcerte dès la première page par son style : phrases courtes, voire très courtes, des bribes comme si l’auteur couchait des notes.

J’aurais pu supporter la violence inouïe du quotidien vécu par le narrateur mais mes paupières s’alourdissaient au bout de 3 pages de lecture. L’écriture au coup de marteau m’assommait.

Ce livre m’avait été recommandé et j’ai tenté à plusieurs reprises de tenir le coup mais à la page 80, j’ai dû abandonner, lâchement.

Triste.

 Un aperçu de la 1ère page :

borbely

 

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04 août 2018

L'héritage des espions de John le Carré

sc-legacy-of-spies-john-lecarre-books-0830-20170829« Roman éblouissant de virtuosité ».

En 1961 l’espion britannique Alec Leamas et son amie Liz Gold trouvent la mort au pied du mur de Berlin. En 2017, Peter Guillam, ancien agent secret pendant la guerre froide, est tiré de sa retraite et convoqué à Londres car, 50 ans après, les héritiers des deux innocents, morts pour l’intérêt général, demandent justice auprès de sa Majesté.

John le Carré, 87 ans, a lui-même été espion durant 14 années. Il dit avoir trouvé refuge dans les services secrets car son enfance fut malheureuse : une mère qui a abandonné sa famille quand il avait 5 ans et un père escroc patenté, en prison.

Dans ce roman d’espionnage de grande envergure, la toile de fond m’est parfois parue abstraite mais le style ironique, comique et intelligent de John le Carré m’a secouée d’émotions multiples. En effet, à la lecture des détails affûtés de tous les rapports secrets de l’affaire en question, nous sont dévoilés les manipulations, les doutes, les codes, les amitiés, les trahisons des puissances obscures. La confrontation du vieux loup avec la nouvelle génération est absolument hilarante.

Prodigieux.

« Les êtres qui ont été torturés forment une classe à part. On peut tout juste imaginer où ils sont allés, mais jamais ce qu’ils en ont rapporté. »

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31 juillet 2018

Une longue impatience de Gaelle Josse

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Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.

Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.
Avec Une longue impatience, Gaëlle Josse signe un roman d’une grande retenue et d’une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées.
« C’est une nuit interminable. En mer le vent s’est levé, il secoue les volets jusqu’ici, il mugit sous les portes, on croirait entendre une voix humaine, une longue plainte, et je m’efforce de ne pas penser aux vieilles légendes de mer de mon enfance, qui me font encore frémir. Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête. »
 
Un coup de coeur. 
Pour moi, un des plus beaux livres que j'ai lu cette année.
J'ai adoré Anne, j'ai adoré la fin sublime émue aux larmes....
Elise

 

 

 

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26 juillet 2018

Centre de Philippe Sollers

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Nora (Julia Kristeva ?), 40 ans, est psychanalyste. Son amant, un romancier français controversé peu nobélisable (Philippe Sollers ?), s’intéresse de près à Freud et à Lacan.

100 pages que j’ai lues d’un trait avec grand plaisir. Philippe Sollers, à l’intellect érudit, nous vaporise ses «liaisons de raisonnements » sur la société, la culture, le cosmos, la religion, en y mêlant la trinité de Freud « Inconscient-Préconscient-Conscient ». J’aime son style qui nous donne la sensation d’être en conversation avec lui et dont le charme se niche dans l’autodérision qu’il pratique avec un humour ravageur.

« Ceux qui ne comprennent rien comprennent mieux que ceux qui comprennent mal ».

Séance rafraîchissante chez le psy, à 12,50 €.

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22 juillet 2018

Duel de faussaires de Bradford Morrow

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La calligraphie : un art visuel de haut niveau.

Vous qui lisez ce billet, voici un policier qui devrait vous plaire car l’auteur nous introduit dans un univers qui vous est familier : les livres.

Un collectionneur de livres anciens, rares, dédicacés, ou de lettres d’écrivains célèbres, ne palpite pas en lisant le contenu de ses trouvailles mais frémit à l’idée de posséder un exemplaire d’auteurs qui, en chair et en os, ont touché, ont imprégné de leur ADN l’objet de leur convoitise. Le faussaire en calligraphie, dont l’unique but est de gagner de l’argent, permet ce vertige aux intéressés via des bouquinistes expérimentés mais, eux-aussi, bluffés parfois. Bien sûr, des spécialistes ultra-pointilleux, dont des faussaires reconvertis, traquent les contrefaçons et brouillent le marché de cet art d’initiés, très fermé.

« Adam Diehl, collectionneur de livres rares, a été agressé et mutilé à mort dans sa maison. On ne retrouvera jamais ses mains. Son beau-frère, le narrateur, est conscient du symbole : faussaire de grand talent, il s’est fait pincer il y a quelques mois. Les mains, c’est tout pour qui veut imiter à la perfection l’écriture de William Faulkner. Ou reconstituer une correspondance de Conan Doyle inexistante… Entre en scène un autre collectionneur et c’est la panique dans le foyer douillet de notre narrateur. Un duel démoniaque et subtil s’engage entre les deux hommes sur leur terrain favori : le milieu très fermé de la bibliophilie. »

Approchez la rivière polluée des faussaires littéraires, vous vous en éloignerez abasourdis !

Une vraie perle noire.

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18 juillet 2018

Intermède 3. Tom Gauld

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12 juillet 2018

L’affaire Arnolfini de Jean-Philippe Postel

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Panneau de chêne peint à l’huile en 1434, 84,5 cm sur 62,5 cm, magnifiquement conservé, visible à la National Gallery de Londres.

Etude, Erudition, Extase.

« Pour autant que l’on sache, aucun peintre avant lui n’avait jamais représenté un homme et une femme dans une chambre ».

Dans ce tableau célébrissime, une femme enceinte, un mari distant, des mains qui se touchent à peine, un griffon, des mules rouges, des patins et un miroir dans une pièce luxueusement meublée intriguent le regardeur.  Qui sont les époux Arnolfini ? Que font-ils ? Les nombreuses énigmes que le peintre a distillées dans sa peinture font couler encore beaucoup d’encre et ce tableau devient à lui seul un roman policier, sans dernier chapitre, car aucune réponse ne peut être vérifiée ou prouvée.

J-P. Postel, médecin, observe au millimètre près et dissèque (absolument renversant) le chef-d’oeuvre dans un roman d’investigation et nous ouvre les portes d’un monde d’antan, totalement captivant.

« L’impossible vérité du tableau est dans le tableau lui-même, enfouie dans le seul objet qui ne saurait mentir : le MIROIR. Elle crève les yeux. Vérité dangereuse, aux lisières de la sorcellerie et la nécromancie. »

En 2006, le quotidien britannique The Guardian incluait cette œuvre dans une liste de 20 « qu’il fallait voir avant de mourir ».

Infiniment mystérieux, haletant.

 

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07 juillet 2018

Les Délaissés de Catherine Malard

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Compassion envers les miettes de la société.

« Le paysage est perpétuellement en mouvement. Désormais, vous allez vous attacher aussi à voir ce que vous ne voyez pas, ce qui est caché, en dessous, ce que nous, en architecture, nous appelons « les délaissés".

L’écrivaine nous invite à REGARDER, au travers de huit nouvelles, les délaissés, ceux qui sont invisibles ou oubliés.

Le procédé littéraire choisi exige des verbes justes, des phrases précises et des chutes astiquées.

Catherine Malard excelle dans le genre et nous offre ainsi, grâce à son regard aigu et délicat, 90 pages bien rythmées, sur une population dont la destinée a voulu que la rue devienne leur domicile et qui plus est, considère le désespoir comme une chose acquise.

Des accents d’humour, des fluides magnétiques, des grumeaux de douleur et des instants partagés vous emportent tout au long de ces nouvelles puissantes qui grattent une démangeaison sociale.

Perçant.

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01 juillet 2018

C’était mon frère… Théo et Vincent van Gogh : récit de Judith Perrignon

Perrignon-Judith-C-etait-Mon-Frere-Theo-Et-Vincent-Van-Gogh-Livre-895463408_LTragique destin des frères van Gogh.

L'auteur emprunte sa voix à Théo, jeune frère de Vincent Van Gogh, ainsi que ses souvenirs pour écrire ce récit dans lequel il évoque son frère.

Vincent, fragile psychiquement, au « cervelet endommagé », s’est suicidé à 37 ans, inconnu et pauvre.

p101 : « J’ai mis du temps à comprendre combien il était en avance et que jamais il ne verrait les fruits de son travail…. »

Théo, atteint de syphillis, est mort de démence après une longue agonie, à l’hôpital psychiatrique, à 33 ans.

p 98 : "Ma toux est grasse, coulée de lave venimeuse et vénérienne, chargée des souvenirs et des menaces du vieux Dr Gruby. « Pas de femmes » disait-il sévère ….."

160 pages d’écriture délicate qui m’ont appris la relation fusionnelle qu’entretenaient les deux frères, tous deux morts prématurément, à 6 mois d’intervalle (Vincent** en juillet 1890 et Théo* en janvier 1891).

Déchirant et éclairant.

* Théo

800px-Theo_van_Gogh_(1888)** Vincent  Edmond_Benard_photographie_academie_Van_Gogh_portrait_detail